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Monday, June 9, 2014

Haiti peasants rally against industrial agriculture, especially Monsanto, and in favor of peasant agriculture

Haïti : La détermination paysanne à lutter contre l’agriculture industrielle et en faveur de l’agriculture familiale 

samedi 7 juin 2014

(Read the original article here)

P-au-P, 6 juin 2014 [AlterPresse] --- Les paysans ont affiché leur ferme détermination à lutter contre l’agriculture industrielle et en faveur de l’agriculture paysanne lors d’une série d’activités organisées les 4 et 5 juin par le Mouvement paysan Papaye (Mpp), dans la localité du même nom près de Hinche, (128 kilomètres à l’est de la capitale).

Réalisées à l’occasion de la journée internationale de l’environnement (5 juin), les activités se sont déroulées sous le thème « Tè, semans natif natal, anviwonman se chemin lavi » (en français : « Terres, semences natives, environnement : tel est le chemin de la vie »).

L’idée pour le Mpp, qui a reçu plusieurs dizaines d’invités, était de sensibiliser la communauté paysanne sur les mécanismes à mettre en place pour la sauvegarde de la production nationale face aux assauts de grandes compagnies transnationales, plus intéressées, selon l’organisation, à détruire la planète.

« Aba Monsanto, non aux semences hybrides, vive l’agriculture paysanne, vive l’agro-écologie, non à la production de l’agrocarburant, vive une Haïti souveraine » sont quelques-uns des slogans qui ont été inscrits sur des pancartes dans le cadre d’un sketch.

Les organisateurs ont voulu faire part des actions que les organisations paysannes comptent mettre en œuvre pour libérer le pays des produits de consommation importés souvent dangereux pour la santé, tels les cubes de bouillon de poulet ou encore les semences hybrides.

Ils ont profité pour critiquer les grandes organisations internationales comme le Fonds monétaire internationale (Fmi), la Banque Mondiale, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustha) et l’Organisation mondiale du commerce (Omc).

Les bienfaits de l’agriculture paysanne ont été soulignés à travers une foire axée sur la biodiversité, où ont été exposées des plantules, des plantes médicinales, des semences locales. L’agriculture paysanne est considérée comme le véritable moteur pour sauver l’environnement.

Le leader du Mpp, Chavannes Jean Baptiste, a indiqué que l’initiative de son organisation s’insère dans une campagne de la Via Campesina, un mouvement paysan international qui regroupe près de 185 organisations dans près de 80 pays.

Trois organisations locales sont membres de la plateforme Via Campesina : le Mpp, , l’organisation « Tèt kole ti peyizan » (Union des petits paysans) et le Mouvement paysan nationale du congrès de Papaye (Mpnkp).

Des engagements pour l’avenir

Les trois organisations ont signé une déclaration conjointe dans laquelle elles s’engagent à « travailler ensemble pour créer plus d’unité entre les organisations paysannes du pays, ainsi que toutes les organisations qui veulent la souveraineté alimentaire, pour défendre les terres qui se trouvent entre les mains des paysans et lutter en faveur d’une réforme agraire intégrale le plus vite possible ».

« Les semences ne doivent pas être des marchandises, parce que les semences portent les germes de la vie. La vie n’est pas à vendre », lit-on dans cette déclaration conjointe.

Elles demandent au gouvernement haïtien, dirigé par Laurent Salvador Lamothe, « de stopper tout projet visant l’accaparement des terres du pays, d’arrêter de faire de la démagogie avec l’environnement du pays (...), d’arrêter de se moquer de la production agricole et la protection de l’environnement, alors que le budget de ces secteurs diminue ».

Elles exigent que l’Etat haïtien mette 20% des ressources dans la production agricole familiale agro-écologique prenne des dispositions pour la protection de l’environnement. [jep kft gp apr 07/06/2014 21:00]


Tuesday, October 20, 2009

Manifestation et contre-manifestation de paysans le 16 octobre

Haïti-Souveraineté alimentaire : Manifestation et contre-manifestation de paysans le 16 octobre

lundi 19 octobre 2009

Par Karenine Francesca Théosmy

De notre envoyée spéciale

(Read the original article here)

Pont Sondé (Artibonite, Haïti), 19 oct. 09 [AlterPresse] --- Une marche, organisée par plus d’une centaine de paysannes et paysans de l’Artibonite, à l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, le vendredi 16 octobre 2009, a été dispersée à Pont Sondé (Artibonite, Nord) par un autre groupe de paysans armés de bâtons et de pierres, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Partis de Kafou Pèy pour arriver au Pont Sondé, les manifestants paysans voulaient protester contre la hausse du prix des engrais sur le marché de l’Artibonite.

Tout au long du parcours de la marche du 16 octobre dernier, les manifestants ont lancé des slogans revendicatifs, au rythme de musique rara, pour demander à l’Organisme de développement de l’Artibonite (Odva) de prendre ses responsabilités. Ils ont également réclamé des moyens pertinents de production qui leur permettent de travailler, tout en garantissant leur souveraineté alimentaire.

Lorsqu’ils sont arrivés devant le local de l’Odva, un autre groupe de paysans les a repoussés à coups de jets de pierres. Aucune victime n’a été signalée. Aucun responsable de l’Odva n’est venu discuter avec les manifestants et contre-manifestants, au moment où les journalistes étaient sur place.

« Ce sont des potentats, liés à l’Odva, qui auraient mobilisé un groupe de dealers d’engrais, qui revendent les engrais aux marchands, qui nous revendent eux à crédit et à des taux exorbitants », a expliqué Assancio Jacques de l’organisation Mouvement revendicatif des paysans de l’Artibonite (Morepla).

Il n’a pas été possible à AlterPresse de trouver le directeur de l’Odva pour avoir sa position sur la question d’augmentation des engrais dans la vallée de l’Artibonite.

Ce groupe de contre-manifestants paysans bénéficierait d’avantages commerciaux dans la revente, à prix élevé, des sacs d’engrais.

Ces engrais sont, pourtant, une donation du gouvernement du Venezuela à l’Etat haïtien dans le cadre du programme de relance agricole après les cyclones de 2008, rappellent les manifestants paysans.

Les planteurs de la vallée de l’Artibonite accusent l’Odva d’être le principal responsable de la vente du sac d’engrais à prix spéculatif.

Dans l’Artibonite, le sac d’engrais se vend actuellement à 1,200.00 gourdes (US $ 1.00 = 42.00 gourdes ; 1 euro = 64.00 gourdes aujourd’hui), alors que l’État avait fixé son prix à 500.00 gourdes.

La hausse du prix des engrais aurait déjà causé des pertes dans la production du riz en 2009 dans le département de l’Artibonite, d’après Jacques qui déplore que beaucoup de paysans ne peuvent pas produire sur la totalité de leurs surfaces cultivables, ni même suffisamment pour subvenir à leurs propres besoins alimentaires.

Après la perturbation du programme du 16 octobre 2009 par les contre-manifestants paysans, les paysans comptent redéfinir des stratégies pour continuer la lutte.

« La prochaine étape sera de mettre la communauté nationale et internationale au courant de la situation », affirme Assancio Jacques.

Mise en question du projet de culture jatropha

Pour les organisations revendicatives dans la vallée de l’Artibonite, la souveraineté alimentaire nationale serait entravée, d’une part, par la présence « des forces étrangères qui contrôlent, de plus en plus, les institutions du pays », et, d’autre part, par des projets contraires aux intérêts de la population, comme celui de la culture de jatropha (plante connue en Haïti sous le nom de gwo metsiyen).

Sur ce dernier point, « l’État ne reculera pas sans la pression des organisations », croit Adeline Augustin du Mouvement paysan de Papaye (Mpp / Papaye, localité de Hinche, dans le Plateau central, à 128 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince), qui signale que, « dans le Nord-Est, beaucoup de terres sont déjà plantées en jatropha ».

La culture de cette plante dont les propriétés sont voisines du diesel, est considérée comme une opportunité de développement pour Haïti, mais aussi comme une menace à la souveraineté alimentaire.

Pour de nombreuses organisations, le risque est trop grand.

A l’heure de la célébration de la journée mondiale de l’alimentation, 1,9 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire dans le pays.

La paysannerie haïtienne, qui garantit, en grande partie, l’alimentation de la population, est mise à mal par le mince budget alloué par l’État à l’agriculture, le prix élevé des intrants, la faiblesse des crédits agricoles, le manque de matériels et les problèmes de transport et de commercialisation.

La marche du 16 octobre 2009 et la rencontre qui l’a précédée s’inscrivent dans le cadre d’un cercle de plaidoyer pour la souveraineté alimentaire, notion liée à celle de souveraineté nationale, avance Camile Chalmers de la plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda).

La Papda prévoit de poursuivre d’autres activités de plaidoyer, notamment à l’occasion du sommet des chefs d’État sur la souveraineté alimentaire qui se tiendra à Rome du 15 au 17 novembre prochains.

« Le pays [Haïti] était auto-suffisant jusque dans les années 1972. Ce sont les politiques inadéquates (des gouvernements) qui ont changé la donne », fustige le secrétaire exécutif de la Papda.