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Friday, October 25, 2013

Open letter from Haitian human rights organizations declining to meet with Martelly-Lamothe government

Port-au-Prince, le 24 octobre 2013

Lettre ouverte à la Ministre Déléguée auprès du Premier Ministre, chargée des

Droits de l’Homme et de la Lutte contre la Pauvreté Extrême,

Madame Marie Carmelle Rose Anne AUGUSTE

Madame La Ministre,

Les organisations des Droits Humains signataires de la présente vous remercient de l’invitation qui leur est faite de prendre part à un déjeuner-débats au cours duquel, vous comptez présenter le Comité Interministériel sur les Droits Humains. Cependant, elles ont le regret de vous informer qu’elles sont dans !’obligation de ne pas répondre à cette invitation, pour les différentes raisons citées ci-après.
Madame la Ministre,

Il y a de cela dix-huit (18) mois, vous avez été nommée Ministre déléguée auprès du Premier Ministre Chargée des Droits de l ’Homme et de la Lutte contre la Pauvreté Extrême. Toutefois, vous n’avez jamais jugé opportun de rencontrer le secteur des droits humains ni même l’Office de la Protection du Citoyen pour, entre autres, présenter votre agenda et prendre en compte les points de vue de toutes ces organisations.

Conséquemment, aujourd’hui, les organisations de droits humains signataires de la présente, déplorent le fait que les différents programmes que vous mettez en œuvre au profit du gouvernement auquel vous appartenez, sont réalisés dans l’irrespect de la dignité humaine et des droits de la personne. A titre d’exemples, le Programme Ti maman Cheri, encourage les femmes à donner naissance à plus d’enfants, le programme de distribution de plats chauds enregistre, aux fins de propagande, des images d’hommes, de femmes et même de mineurs avec, en leur possession, un plat de nourriture ; et les programmes Kore Etidyan, Kore Peyizan, Katye Pam Poze, consacrent pour leur part l’assistanat à outrance.

Madame la Ministre,

Dans le dessein évident de saper les acquis démocratiques et d’empêcher aux Haïtiens de jouir des libertés publiques consacrées par la Constitution Haïtienne, les Lois en vigueur et les différents instruments régionaux et internationaux de protection des droits humains, le gouvernement MARTELLY/LAMOTHE utilise des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) en vue d’empêcher la réalisation de manifestations publiques réalisées par des membres de l’opposition politique ou par d’autres membres de la société et de disperser violemment des manifestants.

De plus, vous n’êtes pas sans savoir qu’aujourd’hui, plusieurs personnes sont incarcérées en raison de leur appartenance à l’opposition politique ou de leurs liens avec des membres de !’opposition politique. Elles sont donc des prisonniers politiques cautionnés tant par le gouvernement dont vous faites partie que par vous même qui êtes chargée des droits de l’Homme. Ils sont aussi nombreux les citoyens haïtiens qui travaillaient dans l’administration publique et qui ont été révoqués sur la base de leurs opinions politiques ou parce que leurs proches n’appuient pas le Gouvernement MARTELLY/LAMOTHE, ce gouvernement qui affirme pourtant faire de la lutte pour l’établissement d’un Etat de droit, une priorité.

Madame la Ministre,

Au cours de ces derniers mois, des partisans et des sympathisants du Gouvernement MARTELLY/LAMOTHE se sont attaqué à des radios communautaires, à des médias indépendants ainsi qu’à leurs journalistes dont, entre autres, Liliane PIERRE-PAUL et Rodrigue LALANNE de Radio Kiskeya, Jean Monard METELLUS de Radio Caraïbes.

Parallèlement, le Palais National est aujourd’hui truffé de proches du Président Michel Joseph MARTELLY qui ont des démêlés avec la Justice haïtienne et d’autres, sur lesquels planent de grands doutes quant à leur implication dans la perpétration, par le passé, d’actes répréhensibles. Parmi eux, se retrouvent :

• Le policier affecté à la sécurité du Président qui a agressé le journaliste Rodrigue LALANNE.

• Calixte VALENTIN, Conseiller du Président, qui a abattu froidement Octanol DERISSAINT.

• Ronald NELSON alias Roro NELSON qui, au nom du Président Michel Joseph MARTELLY, prend un plaisir malsain à agresser des citoyens paisibles de la société.

Madame la Ministre,

Depuis plus de deux (2) années, le Pouvoir Exécutif devait organiser les élections locales et sénatoriales partielles. Or, rien n’est fait en ce sens et, les droits politiques du peuple haïtien sont foulés au pied. A titre d’exemple, le Pouvoir Exécutif a installé à la tête des communes du pays des Agents Intérimaires de l’Exécutif alors que, généralement, les membres des Conseils Communaux sont issus d’élections. Plusieurs de ces Agents Intérimaires de l’Exécutif sont recherchés par la Justice haïtienne pour répondre des actes qui leur sont reprochés. C’est le cas des agents intérimaires des communes de Savanette, dans le département du Centre, des Irois, dans le département de la Grand’Anse, de Desdunes, dans le département de l’Artibonite, etc.

Par ailleurs, le Juge Jean Serge JOSEPH qui était chargé d’instruire le dossier de corruption présumée reprochée à Sofia MARTELLY et à Oliver MARTELLY, respectivement l’épouse et le fils du Président de la République, a perdu la vie dans des circonstances douteuses alors qu’aucune lumière n’est faite autour de ce dossier.

De manière spectaculaire et en dehors de règles de droit et des principes de droits humains, le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Francisco RENE, a procédé à l’arrestation, le mardi 22 octobre 2013, de Me André MICHEL, militant politique opposant au pouvoir en place et avocat de la partie adverse dans le dossier de corruption présumée reprochée à la famille présidentielle.

Parallèlement, le Pouvoir Exécutif ne respecte pas le principe de séparation des trois (3) Pouvoirs. Il a décidé de ne pas donner suite aux décisions prises par le Pouvoir Législatif, notamment, en refusant de publier dans le journal officiel du pays, diverses résolutions votées par le Sénat, ni d’installer les Juges devant former la Cour des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA).
Madame la Ministre,

Pour toutes ces raisons, d’ailleurs non exhaustives, les organisations de droits humains signataires de la présente, ont décidé de ne pas répondre à votre invitation car, elles sont convaincues que le Gouvernement MARTELLY/LAMOTHE, auquel vous appartenez, ne manifeste aucune velléité de respecter les droits humains. Il piétine sciemment tous les principes démocratiques et foule au pied la Constitution haïtienne au vu et au su de tous.

Sur ce, les organisations de droits humains signataires de la présente, vous transmettent, Madame la Ministre, leurs patriotiques salutations.

Les organisations signataires :

• Commission Episcopale Nationale Justice et Paix (CE-JILAP)

• Groupe d’Appui aux Réfugiés et aux Rapatriés (GARR)

• Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH)

• Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

Pour authentification :

Pierre Espérance,

Directeur Exécutif du RNDDH

RNDDH

(Original letter can be read here)

Saturday, March 6, 2010

Une militante dominicaine des droits humains récompensée par Washington pour son courage

Haiti-R. Dominicaine/USA : Une militante dominicaine des droits humains récompensée par Washington pour son courage

mercredi 3 mars 2010

(Read the original article here)

P-au-P., 03 mars 2010 [AlterPresse] --- Sonia Pierre, fondatrice du Mouvement des Femmes Dominico-Haïtiennes (MUDHA), une organisation de défense des droits des descendants–es d’Haïtiens en République Dominicaine, a été récompensée le 01 mars par le gouvernement américain qui lui a décerné le Prix du Courage Féminin.

Neuf autres femmes à travers le monde reçoivent également cette distinction pour leur « courage et leur leadership exceptionnel », indique la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

Sonia Pierre, qui a déjà reçu plusieurs distinctions dont celles d’Amnistie Internationale et du Centre américain pour les Droits Humains Robert F. Kennedy, recevra le Prix du Courage Féminin le 10 mars prochain au Département d’Etat.

Sonia Pierre est une militante de longue date dans la défense des droits de la communauté d’ascendance haïtienne en République Dominicaine, rappelle le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) dans une note de presse.

Elle a été arrêtée à l’âge de 13 ans pour avoir pris ouvertement la défense d’un groupe de coupeurs de canne dans un batey, précise la même source.

L’organisation MUDHA s’est engagée dans un plaidoyer en faveur du respect du droit à la nationalité de milliers de descendants d’Haïtiens/Haïtiennes nés en République Dominicaine.

« Cet engagement lui a valu les critiques incessantes du gouvernement et des secteurs conservateurs dominicains, mais aussi des menaces de mort ou de retrait de sa nationalité », souligne le GARR.

Selon MUDHA, près de 200 000 fils et filles de sans-papiers haïtiens nés en République Dominicaine ne disposent pas de documents d’identité. Ces personnes vivent constamment sous la menace de déportation vers Haïti.

Le Prix du Courage Féminin attribué cette année à Sonia Pierre, a été institué par le Département d’Etat américain en 2007 pour rendre hommage aux femmes qui ont fait preuve d’un courage exceptionnel dans la défense des droits et la promotion sociale des femmes. [gp apr 03/03/2010 20:00]

Wednesday, September 16, 2009

Bahamas : Les migrants haïtiens victimes de violences policières

Bahamas : Les migrants haïtiens victimes de violences policières

mardi 15 septembre 2009

(Read the article here)

P-au-P, 15 sept. 09 [AlterPresse] --- Les migrants haïtiens dans l’Archipel des Bahamas sont sous le coup des violences policières des services de l’immigration du pays, selon les informations publiées sur le site du journal The Tribune.

Selon les informations diffusées par le journal bahamien The Tribune, des enfants de cinq à huit ans sont forcés sous la menace d’armes de révéler la cachette de leurs parents fuyant les autorités ; des familles entières sont déchirées. Les parents sont déportés en Haïti alors que les enfants sont laissés derrière par la police qui semble ne pas s’en soucier.

« De plus en plus fréquents et violents », les contrôles de la police soulèvent la réprobation des haïtiens et haïtiennes en situation régulière dans le pays. Ceux qui ont leur passeport bahamien ou leur permis de travail en main peuvent dormir tranquillement, mais ceux qui sont en procédure d’application pour une résidence ne sont à l’abri de rien.

Le département de l’immigration, par le biais de son directeur, Jack Thompson, affirme qu’ils tentent d’accélérer le processus d’étude des dossiers d’application, mais nie les actes de violence à l’égard des migrants haïtiens.

Le 30 juillet dernier, 165 enfants, femmes et hommes de nationalité haïtienne ont été arrêtés et déportés vers Haïti lors d’une opération particulièrement musclée des services d’immigration. Près de deux mois plus tard, la communauté haïtienne est encore bouleversée par ces événements.

Ces méthodes qualifiées par certaines organisations de « chasse aux Haïtiens » ont déjà fait écho dans la presse en 2006 lorsque 300 Haïtiens avaient été brutalement appréhendés, détenus puis déportés.

Un peu partout dans le monde, l’étau des mesures « anti-migrants » se resserre. Entre des plans de départ volontaire et des reconductions systématiques, la violation des droits humains prend une proportion qui inquiète particulièrement les organisations de défense de ces droits.

En mission en fin de mois d’août dernier aux iles Turcs et Caicos, le groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) a dressé un tableau alarmant de la situation des haitiens-nes dans l’archipel britannique, où contrairement aux Bahamas il n’existe pas de consulat haïtien.

Sunday, April 5, 2009

Déclaration concernant les Fonds Duvalier

Déclaration concernant les Fonds Duvalier

Les organisations soussignées qui, depuis plusieurs années, ont accompagné le cheminement de la procédure concernant les fonds Duvalier existant encore dans les banques suisses, expriment ici leur position quant à « la remise » de ces fonds et leur « utilisation »

Premièrement --- La remise de ces fonds à l’Etat Haïtien ne saurait être accompagnée de conditions imposées de l’extérieur. Seul, l’Etat, en représentation du peuple Haïtien, doit assumer

la responsabilité de ces fonds qui lui sont remis et de veiller scrupuleusement à la gestion et l’utilisation qui en seront faites et en rendre compte devant la Nation.

Deuxièmement -- La dictature des Duvalier, reconnue comme l’une des plus brutales de la deuxième partie du XXème siècle, a systématiquement utilisé la détention dans des conditions abominables comme l’un des moyens les plus efficaces pour contrôler la population et se maintenir au pouvoir. Certaines prisons, comme le tristement célèbre « Fort-Dimanche », face à la Croix-des-Bossales, peuvent être sans réserve qualifiées de « camp d’extermination ».

Aujourd’hui, il faut constater, plus de 20 ans après le départ des Duvalier, que les efforts pour instaurer l’Etat de Droit, ne se sont pas portés, comme il aurait fallu, sur le système pénitentiaire qui accuse encore l’héritage légué par le régime précédent.

Les séquelles de ce dernier continuent à se faire sentir, en particulier dans les prisons et centres de détention dont les conditions inqualifiables ont été amplement documentées et dénoncées par des rapports officiels d’organisations locales ou de gouvernements et d’institutions internationales, comme le rapport de l’Institut Vera et celui, tout récent, du Département d’Etat des EUA, pour ne citer que ceux-là.

C’est pourquoi, selon les organisations soussignées, ce qui reste de l’argent provenant des détournements de fonds par la famille Duvalier, devrait servir, en priorité, à humaniser les conditions d’existence des personnes détenues actuellement dans les prisons du pays pour les amener au niveau requis par les normes internationales. Que les fonds Duvalier soient utilisés à ces fins manifesterait symboliquement, éthiquement, la volonté de rupture avec l’ héritage associé à ce nom et tout ce qui avait été conçu et utilisé pour violenter et anéantir la personne humaine.

Cette destination des fonds Duvalier pour la normalisation des conditions d’emprisonnement et de détention nous parait représenter un acte de profonde humanité qui serait soutenu par la nation tout entière.

Ainsi soit fait.

Ont signé, le 30 mars 2009

CENTRE ŒCUMENIQUE DES DROITS HUMAINS ( CEDH )
Jean-Claude Bajeux

COMMISSION EPISCOPALE NATIONALE JUSTICE ET PAIX (JILAP)
P. Jan Hanssens

LA FONDATION HÉRITAGE (FLHH) –Section haïtienne de Transparency International Marilyn Allien

GROUPE d’ APPUI AUX RAPATRIÉS ET RÉFUGIÉS ( GARR ) Serge Lamothe

Wednesday, August 1, 2007

A call to arms to save Haiti's environment

One of Haiti's most effective and politically progressive organizations, the Groupe d'Appui aux Rapatries et Refugies (GARR), has issued a call to action regarding the dramatically deteriorating state of the country's environment. The GARR statement can be read in full in the original French below.

SOS pour une prise en charge rapide de l’environnement physique et humain d’Haiti

samedi 28 juillet 2007

Groupe d'Appui aux Rapatries et Refugies

(Read the original here)

Suite aux inondations du 20 juillet 2007 qui ont frappé plusieurs localités de la frontière appartenant à la commune de Ganthier (Département de l’Ouest), le GARR lance un cri d’alarme aux autorités et populations haïtiennes pour qu’elles accordent le bénéfice de l’urgence et la priorité à notre environnement physique et humain.

La dégradation de l’environnement et les catastrophes naturelles constituent deux causes importantes qui poussent de nombreux/se haïtiens/nes à fuir leur pays. Il est fondamental que des investissements soient consentis pour satisfaire les besoins vitaux de la population et régénérer l’environnement très affecté par la pression constante qu’elle subit de la part de personnes en détresse, qui tentent de survivre par tous les moyens.

Les pluies du 20 juillet dernier ont laissé derrière elles un bilan très lourd dans la commune de Ganthier : 4 morts, plus de 300 familles sinistrées, des maisons ensevelies, de nombreuses têtes de bétail emportées, des plantations et tronçons de route submergés. Les communautés les plus touchées sont Toman, Fond-Parisien, Leroche et Lastic.

Si à Fond-Parisien, localité frontalière proche de Jimani, les degâts sont moindres, la population reste toutefois préoccupée dans certains quartiers, par la fragilité de leur environnement à la moindre averse. Il s’en est fallu de peu pour que les récentes crues n’envahissent le village de Fond Bayard occupé par d’anciens rapatriés-es venus de la République Dominicaine.

La plupart des riverains s’accordent à dire que le déboisement accéléré des mornes et espaces verts avoisinants, en particulier, la Forêt des Pins, serait l’une des causes majeures de cette catastrophe ayant touché ces localités souffrant déjà, pour la plupart, d’une carence d’infrastructures de base et d’un manque d’accompagnement effectif des institutions étatiques. En outre, ces localités sont marquées par un fort taux de chômage et une tendance à l’émigration.

Conscients de l’acuité du problème environnemental qui induit une détérioration de leurs conditions de vie, les habitants de Fond-Verrettes, autre localité frontalière du Département de l’Ouest durement frappée par les crues de 2004 ont déjà présenté aux autorités, en mai dernier, un cahier de charges avec des propositions pertinentes pour la régénération de cette commune et surtout la rétention des jeunes.

Encore une fois, le GARR profite de l’occasion pour attirer l’attention des responsables du gouvernement et du Parlement sur les liens étroits existant entre la migration et la dégradation de l’environnement. La prise en charge de notre environnement physique et humain est une urgence nationale que les autorités haïtiennes ont l’obligation d’adresser sans délai.