Wednesday, March 24, 2010

Mort de Wilson Bigaud, l’un des derniers géants de la peinture haïtienne

(This man was one of Haiti's greatest painters, worth 100 of the so-called "artists" I see exhibited in most galleries here in the United States. MD)

Haïti-Peinture-Décès

Mort de Wilson Bigaud, l’un des derniers géants de la peinture haïtienne

Le créateur, qui jouissait d’une cote internationale élevée, laisse derrière lui une oeuvre monumentale

mardi 23 mars 2010,

Radio Kiskeya

(Read the original article here)

Le célèbre artiste Wilson Bigaud, 85 ans, l’un des maîtres de la peinture haïtienne, est décédé des suites d’un malaise lundi aux premières heures dans sa résidence de Vialet, une section communale de Petit-Goâve (68 km au sud-ouest de Port-au-Prince), a appris Radio Kiskeya auprès de la famille du disparu.

Opéré des yeux et souffrant d’hémorroïdes, Bigaud avait du cesser de peindre depuis l’été dernier, a confié son fils Bichara dans les bras duquel il s’est éteint.

Auteur d’une œuvre colossale dispersée aux quatre coins de la planète, le créateur était dans la fleur de l’âge et à peine remis d’une maladie l’ayant mentalement affecté lorsqu’il avait définitivement abandonné son Port-au-Prince natal pour s’installer à Petit-Goâve.

Dans la tranquille localité de Vialet, il a passé les 55 dernières années de sa vie.

Wilson Bigaud était l’un des derniers survivants de l’exaltante expérience de création artistique du Centre d’Art, fondé en 1944 par l’américain Dewitt Peters, principal artisan de la formation et de l’émergence des premiers grands plasticiens haïtiens.

Coloriste et dessinateur de grand talent, Bigaud avait usé de sa touche unique et d’un vrai sens de l’observation pour devenir au fil du temps le peintre du quotidien de la vie provinciale prise dans ses divers contours et déclinaisons.

Porteurs d’une charge de psychologie sociale et d’une simplicité maintes fois renouvelée, les personnages des toiles du disparu sont, à travers leurs yeux globuleux, leurs costumes originaux et l’élégance des gestes, l’archétype d’une civilisation et l’expression d’une esthétique identitaire.

Un foisonnemment de mouvements et d’images qui donne sa densité à une forme de vie communautaire aujourd’hui en voie de disparition.

Le nom de Wilson Bigaud restera pour toujours intimement associé à la cathédrale de Sainte-Trinité, à Port-au-Prince. Avec d’illustres contemporains comme Castera Bazile et Rigaud Benoît, il réalisa, en effet, les célèbres fresques murales de l’église anglicane détruite par le séisme du 12 janvier dernier.

Avec le départ de l’artiste, la peinture haïtienne perd l’un de ses plus grands représentants alors qu’elle était déjà orpheline d’autres grosses pointures internationalement connues. André Pierre, Gesner Armand, Néhémy Jean, Louisiane St-Fleurant et Alix Roy (victime du tremblement de terre) sont notamment décédés ces dernières années.

La date des funérailles de Wilson Bigaud doit être annoncée ultérieurement. spp/Radio Kiskeya

1 comment:

LeGrace said...

Mesi anpil. Wilson Bigaud created two works when he was scarcely 20 that were among the greatest of the Kreyol masterworks: The "Earthly Paradise" that took an international prize, and the mural "Marriage at Cana" now dust in the ruin of Sainte-Trinite Cathedral in Port-au-Prince. The "Paradise" became a favorite theme of Haitian art, with thousands of works done in the wake of Bigaud's success. He taught me much.