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Wednesday, May 11, 2011

Identifier et sanctionner les auteurs de la tentative de coup d’Etat parlementaire du 9 mai 2011

Haïti-Politique-Editorial

Le « Kase fèy kouvri sa » doit cesser et le règne de l’impunité prendre fin !

Identifier et sanctionner les auteurs de la tentative de coup d’Etat parlementaire du 9 mai 2011

mercredi 11 mai 2011

(Read the original article here)

La tentative de coup d’Etat parlementaire du lundi 9 mai dernier ne devrait pas être classée sans suite. La pratique du « Kase fèy kouvri sa » nous a déjà joué de très mauvais tours. Si on y a recours encore une fois, de le cycle infernal des calamités sociales et politiques continuera à se perpétuer.

Le problème est qu’on est en présence d’individus et de pratiques qui se situent tout à fait dans le passé. Paradoxalement, l’aspiration au changement est manifeste au sein d’une population pourtant à majorité analphabète.

Se situer dans le passé signifie quoi, aujourd’hui ?

L’exemple de quelques pratiques et comportements, ainsi que de leurs conséquences logiques, devraient suffire à l’édification de tous. Des pratiques et comportements tout à fait contraires au changement et à la modernité dont voici une liste non-exhaustive :

- Recours systématique à des combines politiques consistant en la conclusion clandestine d’accords malsains au regard des lois en vigueur ;

- Mépris de l’opinion publique : refus du débat et du dialogue ; absence de transparence dans les actes posés ;

- Subordination de l’intérêt général à l’intérêt particulier : primauté des intérêts individuels, de clans, de partis sur les intérêts du groupe, de la communauté ;

- Absence de ligne et de conviction politiques : opportunisme cynique, manque de cohérence dans le discours comme dans les actes ; manque de courage politique ; langue de bois ; double langage (Woulem 2 bò) ; inconstance politique se traduisant par un manque de loyauté par rapport au groupe d’appartenance et/ou changement permanent de camp politique ou de chapeau politique, selon les intérêts du moment ;

- Mépris de la Constitution, des lois et de toutes règles : actions ouvertement illégales et arbitraires ;

Dans le cas qui nous préoccupe, celui de la tentative avortée de coup d’Etat parlementaire du 9 mai, outre les pratiques et comportements énumérés, il existe des facteurs aggravants : le fait par des parlementaires d’avoir voulu délibérément étendre la durée de leur mandat constitue une atteinte grave au principe de la souveraineté populaire. Car, agissant ainsi, les parlementaires ont tenté de se substituer au souverain, le peuple, dont ils sont censés être l’émanation, pour déterminer eux-mêmes la durée des mandats.

Le deuxième acte qu’il faudrait définitivement placer sous le vocable de « piraterie parlementaire » c’est l’introduction délibérée dans le texte de la proposition d’amendement de la clause relative aux deux mandats consécutifs pour le président de la république. Une violation flagrante d’un prescrit de la charte fondamentale qui vise à préserver le pays à la fois d’élections dirigées et de la pérennisation au pouvoir d’un quelconque régime.

Le « Kase fèy kouvri sa » doit cesser et le règne de l’impunité prendre fin !

Une enquête devrait être menée pour clairement déterminer ce qui se tramait et identifier qui en étaient les auteurs. Quels qu’ils soient. Si, comme on le laisse entendre, le président élu s’est mêlé de la partie, il devrait publiquement s’expliquer, au nom du changement qu’il prône. De toute façon, qu’il y soit impliqué compromettrait déjà la prétention de sa part d’incarner le changement, à quelques jours de son investiture.

Au nom du changement, il faudrait définitivement bannir le « Kase fèy kouvri sa ». Et, surtout, il faut qu’il y ait systématiquement des sanctions, fussent-elles morales, contre ceux-là qui se seront rendus coupables d’actes attentatoires à l’ordre constitutionnel, à l’équilibre du système démocratique en construction, au prestige et à l’honorabilité des institutions républicaines. Parce que "Chen ki manje ze, pa janm kite » et la démocratie, ainsi que la justice, ne font pas bon ménage avec l’impunité.

Marvel DANDIN

Friday, February 5, 2010

Haitian Radio Returns to the Air

Haitian Radio Returns to the Air

By Michael Deibert

Posted Friday, Feb. 5, 2010

Slate

(Read the original article here)

PORT-AU-PRINCE, Haiti — Haiti's radio journalists, many of whom have long experience of operating under dictatorships and elected governments with little tolerance for critical press coverage, know a thing or two about adversity. But nearly a month ago, when Haiti's capital was devastated by an earthquake that leveled large sections of the city and killed at least 150,000 people, local reporters were suddenly faced with a whole new set of challenges.

"We try and orient people to where aid is being distributed, and every day we announce messages about people who are still missing," says Wendell Theodore, the silken-voiced news director of Radio Metropole in the capital's Delmas region. His own home destroyed, Theodore now broadcasts the names of the missing from under a tree in the radio station's yard, next to the tent he has slept in since his house collapsed.

"I saw our building shake," says Rotchild Francois, director of the capital's RFM radio in the Pétionville district, who was at his desk in the studio when the earthquake struck and dashed into the street with a dozen other employees. The station lost a reporter in the quake and was knocked off the air for five days. Reporters from Radio Galaxie, Radio Magic 9, and Radio Télé Ginen were also killed.

Francois now spends his days combing the capital, trying to paint an audio picture of what is happening and to get information on the air about where aid is being distributed, the location of feeding and medical centers, and other important information. Many of the station's employees, fearful of aftershocks, refuse to enter the building.

"People come here to send messages to their relatives that they are OK or to have people call to say that they are OK," says Francois. "We do that every day."

Why journalists might be fearful was illustrated vividly when I was in the studio of Radio Kiskeya interviewing its director general, Marvel Dandin. As Dandin explained how the station, which had been knocked off the air for a week, had resumed broadcasting on an abbreviated schedule, a brief aftershock set the damaged, cracked building trembling and sent people running from the studio into the street.

Radio has historically played an important and politically significant role in Haiti's civic life, where newspapers are few and far between and difficult to decipher for a population often unable to avail themselves of proper schooling.

Radio Soleil, a Catholic station, played a key role in spreading information during the ouster of the Duvalier family dictatorship, which ruled Haiti from 1957 until 1986, during which time freedom of the press was practically nonexistent.

Independent journalism was a dangerous business during the revolving military juntas that controlled the country after the Duvalier regime collapsed. Under the government of Jean-Bertrand Aristide, in office from 2001 until 2004, reporters were physically attacked by government partisans while covering demonstrations; they were also imprisoned and forced to flee the country as a result of threats against their lives.

Several journalists have been killed in Haiti in recent years, among them Radio Haiti-Inter Director Jean Dominique in April 2000, Radio Echo 2000 reporter Brignol Lindor in December 2001, and Jacques Roche, a TV host, poet, and an editor at the daily newspaper Le Matin, who was kidnapped and murdered in 2005.

But despite powerful forces arrayed against independent reporting, Haiti's journalists have persisted in the face of such adversity—good preparation, some might say, for today's challenges.

"I ran to my house and found that my wife had died," says Marcus Garcia, director of Radio Mélodie FM, a station that has continued broadcasting with the aid of generator despite the lack of electricity or telephone service. "But life has to continue, and if my wife was alive, she would want me to continue as I am doing, working for the people."

Michael Deibert is the author of Notes from the Last Testament: The Struggle for Haiti.

Tuesday, December 1, 2009

« La nécessaire quête de crédibilité »

Haïti-Elections

« La nécessaire quête de crédibilité »

La catastrophe peut encore être évitée

lundi 30 novembre 2009,

Radio Kiskeya

(Read the original article here)

Les dirigeants du pays, d’une époque à l’autre, méritent bien de n’être pas considérés comme de vrais responsables, dans la mesure où ils n’arrivent jamais à prévoir et à prévenir des situations catastrophiques qui finissent toujours par se produire, en dépit des signes avant-coureurs.

Il est plus qu’évident que le Conseil Electoral Provisoire (CEP) a entamé le processus électoral avec un sérieux déficit de légitimité. Si la formation de l’institution électorale avait déjà soulevé la controverse, ses premières mesures, en particulier la publication du calendrier électoral sans concertation avec les partis politiques et l’exclusion maintenant de la course électorale de 16 partis, n’ont fait que renforcer la suspicion vis-à-vis d’elle.

Si aucune démarche n’est rapidement entreprise en vue de rendre le CEP crédible, on voit mal comment l’institution va pouvoir imposer ses décisions dans le contexte naturellement conflictuel des élections et dans un pays où, généralement, personne n’accepte de perdre, même dans les conditions les plus normales.

La crédibilité de l’organisme électoral constitue une exigence majeure du sérieux et de la crédibilité d’un scrutin.

Cette crédibilité, dans le contexte actuel, devrait surtout concerner l’indépendance de l’organisme électoral par rapport, notamment, à la présidence.

L’impression générale quant à présent, est que la présidence dirige le CEP. Perception ou réalité ?

A défaut de répondre de façon catégorique à une telle question, on peut tout de même rappeler qu’en politique, la perception compte autant, pour ne pas dire davantage, que la réalité. Comment le CEP peut-il s’y prendre pour, en un temps record, projeter une autre image, celle d’une institution souveraine, déterminée à tenir la balance égale entre toutes les parties ?

C’est la préoccupation de tous les secteurs. Mais, ce devrait être aussi la préoccupation de l’Exécutif et de son chef, en particulier. La préoccupation aussi de la communauté internationale supposément intéressée à la stabilisation du pays.

La Présidence, fortement impliquée dans le projet INITE, aurait des signaux à envoyer pour que tout un chacun sache qu’elle n’entend véritablement pas torpiller à son profit, le processus électoral. Plus que des signaux, des dispositions concrètes devraient être prises en urgence en vue de renseigner l’opinion sur l’ampleur de son implication dans le projet INITE, la provenance des ressources financières que cette plate forme aurait déjà à sa disposition et les modalités des rapports entre la Présidence et le Conseil Electoral Provisoire.

Il ne serait pas de bon ton d’appeler délibérément la communauté internationale à s’immiscer dans les affaires internes du pays. Mais, malheureusement, on le sait : sa présence sur le terrain et dans les avenues les plus intimes du pouvoir n’est pas une vue de l’esprit. N’est-ce pas elle qui transporte les bulletins ? N’est-elle pas impliquée, au Centre de Tabulation, dans l’organisation du dépouillement des procès-verbaux des bureaux de vote ?

Si la stabilisation est vraiment son objectif, on comprend mal qu’elle finance les élections, encadre le CEP et reste dans le même temps impassible face à la dangereuse tournure que risquent de prendre les événements. En ce sens, la communauté internationale n’a-t-elle pas, au même titre que les instances nationales concernées, l’obligation de convaincre de sa crédibilité ? Sinon, est-elle prête à faire face à d’éventuelles accusations de complicité dans l’organisation d’élections frauduleuses et officielles ?

Il convient enfin de souligner que la responsabilité par rapport au redressement de la barque électorale, ne saurait uniquement incomber au CEP, à la Présidence et à la Communauté internationale.

En quête de crédibilité également, les partis, groupements et regroupements politiques ont l’impérieuse obligation d’éviter de s’enfoncer sans discernement dans un processus dont l’issue désastreuse peut être entrevue à l’avance. Ils doivent exiger la réunion de conditions propres à la tenue d’un scrutin fiable. Sinon, ils se feront complices, par leur participation, de ceux qui préparent ce qui s’apparente déjà à une véritable mascarade.

La responsabilité d’éviter la catastrophe qui s’annonce incombe aussi à toutes les autres forces organisées du pays.

Au nom de la responsabilité et de la nécessité d’empêcher que le pays s’enfonce dans d’interminables crises, il faut donc un grand sursaut de tous les secteurs de la vie nationale et des amis « dits » d’Haïti, pour sauver ce qui peut encore l’être…

Marvel DANDIN