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Sunday, December 23, 2012

Haiti human rights organizations denounce threats against judge investigating rape allegations against CEP president Josué Pierre-Louis

Des organisations de droits humains interpellent le CSPJ sur de graves menaces contre un juge d’instruction

Lettre de 4 organisations et plateforme d’organisations de défense des droits humains aux membres du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ)


Document transmis à AlterPresse

(Read the original article here)

Honorables Membres du CSPJ

Les organisations de promotion et de défense des droits humains, signataires de la présente, soucieuses de l’indépendance du pouvoir judiciaire, s’empressent de porter à votre connaissance un fait qui nécessite votre plus urgente intervention.

En effet, Me Josué PIERRE-LOUIS, président du CEP contesté, est inculpé de viol sur la personne de Marie Danielle BERNADIN. Le Parquet près du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, saisi du dossier en date du 28 novembre 2012, l’a transféré au Cabinet d’Instruction pour enquête judiciaire. Choix a été fait du Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN, pour instruire l’affaire. A date, diverses étapes ont déjà été franchies dans le cadre de cette instruction notamment, l’audition de plusieurs personnes dont la victime ainsi qu’une interdiction de départ à l’encontre de Me Josué PIERRE-LOUIS.

Aujourd’hui, le Magistrat Joseph Jeudilien FANFAN fait l’objet de graves menaces de la part d’un autre Juge d’Instruction du Tribunal de Première Instance de Port-au- Prince, Me Ikenson EDUME.

Ce dernier, frère de Me Josué PIERRE LOUIS, a entre autres, promis au Magistrat instructeur qu’il s’en prendrait à lui, s’il n’enterrait pas le dossier car, en aucune façon, il ne peut accepter que l’image de son frère soit ternie.

Devant la gravité des menaces proférées, le Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN a sollicité et obtenu du doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Raymond JEAN MICHEL, la convocation en urgence d’une Assemblée des Juges. Cette assemblée s’est tenue le 18 décembre 2012 avec la participation de vingt-six (26) Magistrats. Au cours de la rencontre, le Juge d’Instruction Ikenson EDUME a réitéré en présence de tous les Magistrats, ses menaces vis-à-vis du Magistrat instructeur Joseph Jeudilien FANFAN. Invité par le doyen à faire le retrait de ses graves propos contre un collègue Magistrat, le Juge Ikenson EDUME a catégoriquement refusé.

Dans l’après-midi du 18 décembre 2012, une délégation du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a rencontré le Magistrat instructeur Joseph Jeudilien FANFAN qui a confirmé les menaces dont il est l’objet, ce, depuis le lundi 17 décembre 2012.

Honorables Membres du CSPJ

Les organisations de promotion et de défense des droits humains tiennent à rappeler à votre attention que le Magistrat Ikenson EDUME est un ancien suppléant Juge de Paix de Delmas révoqué pour malversations le 5 août 2010 par l’ex-Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique Paul DENIS. En effet, ce Magistrat, par son fonctionnement, remplaçait le greffe. De plus, était impliqué dans le détournement, à Delmas, de corps du délit (bijoux volés, argent, volailles, etc.) et la libération de plusieurs prévenus contre des versements de pots de vin.

Mécontent, le Juge de Paix titulaire de Delmas d’alors, Me Al Duniel DIMANCHE, aujourd’hui Juge d’Instruction près le Tribunal de Première Instance de Port-au- Prince, demanda au Juge Ikenson EDUME de mettre fin à ces pratiques malsaines et de laisser le greffe jouer son rôle. Il s’en est suivi une altercation entre les deux (2) Magistrats et l’intervention du Parquet de Port-au-Prince à travers le substitut Commissaire du Gouvernement d’alors Berge O. SURPRIS.

Suite aux rapports reçus au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique contre Me Ikenson EDUME, il a été décidé de le renvoyer pour malversations. Il est revenu dans le système en catimini en juillet 2012 à la faveur des nominations irrégulières réalisées par l’actuel Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Me Jean Renel SANON et a recommencé à travailler en octobre 2012.

Aujourd’hui, c’est ce Magistrat qui profère des menaces sur la personne du Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN en charge de l’affaire Marie Danielle BERNADIN contre Josué PIERRE-LOUIS.
Honorables Membres du CSPJ

Le cas du Magistrat Ikenson EDUME est prévu et puni par le Code Pénal haïtien. De plus, c’est sur la base de l’article 22 de la Loi créant le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire que les organisations de promotion et de défense des droits humains signataires de la présente saisissent votre organe. En effet, cet article stipule qu’« En matière disciplinaire, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire est saisi :

• Soit par le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique ;

• Soit par le Doyen du Tribunal Civil, en ce qui concerne les magistrats du siège en poste dans le
ressort de son tribunal et pour les juges du 
Tribunal de Paix ;

• Soit par le Président de la Cour d’Appel, en ce qui concerne les 
magistrats du siège en poste dans le ressort de sa cour ;

• Soit, selon les modalités énoncées à l’article suivant, par toute personne estimant avoir été directement victime du comportement d’un magistrat susceptible d’engager sa responsabilité disciplinaire. »

De plus, le procès-verbal de l’assemblée générale des Juges du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince tenue le 18 décembre 2012 et relatant les menaces du Juge Ikenson EDUME contre le Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN est un élément de preuve tangible, établissant les menaces susmentionnées.

Honorables Membres du CSPJ,

La justice, pour être efficace et crédible, doit être indépendante des pouvoirs exécutif et législatif ainsi que des parties et des forces sociopolitiques et économiques. La justice doit être aussi indépendante par rapport aux individus corrompus et aux délinquants, quels qu’ils soient.
Pourquoi, ayant pour mission principale d’enquêter, de dénoncer et de saisir les autorités compétentes sur les cas de violation de droits humains, les organisations de promotion et de défense des droits humains, signataires de la présente, portent, par devant vous, ces faits qui constituent un exemple des cas typiques de pressions et de menaces qui entravent généralement les enquêtes des Magistrats instructeurs.

Les organisations de promotion et de défense des droits humains signataires de la présente vous exhortent donc à prendre des mesures conservatoires à l’encontre du Magistrat Ikenson EDUME et vous encouragent vivement à porter le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique à prendre toutes les dispositions nécessaires et urgentes afin de garantir la sécurité du Juge et Juge d’instruction Me Joseph Jeudilien FANFAN. Espérant que prompte suite sera donnée à la présente, les organisations de promotion et de défense des droits humains signataires de la présente, vous prient de recevoir Honorables Membres du CSPJ, l’expression de leurs respectueux hommages.

Liste des Organisations signataires :

• Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

• Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH)

• Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA)

• Kay Fanm

Pour authentification :

Antonal MORTIME
Secrétaire Exécutif POHDH

Thursday, August 5, 2010

Revendications pour faire cesser l’impunité et sanctionner les auteurs d’assassinats politiques

12 e anniversaire assassinat du prêtre Jean Pierre-Louis

Haïti-Justice : Revendications pour faire cesser l’impunité et sanctionner les auteurs d’assassinats politiques

mardi 3 août 2010

(Read the original article here)

P-au-P, 3 août 2010 [AlterPresse] --- La plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh) et l’organisation paysanne « Tèt Kole Ti Peyizan » (Union des petits paysans haïtiens) réclament justice et réparation à l’occasion du douzième anniversaire, ce mardi 3 août 2010, de l’assassinat du prêtre catholique romain Jean Pierre Louis.

12 ans après, la justice haïtienne n’a toujours pas recherché ni puni les coupables de ce meurtre, dénoncent les deux regroupements dans une conférence de presse conjointe, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

Le douzième anniversaire de l’assassinat du père Pierre-Louis rappelle de nombreux cas d’impunité, enregistrés dans le pays, et amène, une fois de plus, des questionnements sur le fonctionnement de la justice haïtienne, affirment les responsables des deux regroupements.

« Généralement, les assassinats sont des assassinats politiques, et il y a des comportements politiques qui font que les enquêtes se poursuivent continuellement », relève Antonal Mortimé, secrétaire exécutif de la Pohdh.

L’une des meilleures façons de sortir de cette situation, c’est de parvenir à un consensus pour réclamer une réforme de l’État. Réforme qui passera obligatoirement par une réforme de la justice, préconise la Pohdh.

« La question de la justice aujourd’hui est également une question politique. Je parle de Ti Jan, mais beaucoup de gens peuvent penser à Jacques Roche (journaliste et poète assassiné en juillet 2005), Jean Anil Louis Juste (professeur d’université, assassiné le mardi 12 janvier 2010, quelques heures avant le tremblement de terre qui a secoué Haïti), Jean-Marie Vincent (prêtre catholique romain, assassiné le 28 août 1994), Guy Malary (juriste assassiné en 1993), énumère, entre autres, le secrétaire exécutif de la Pohdh.

Diverses activités de mobilisation sont organisées dans le Nord-Ouest et dans trois communes du bas Plateau Central, pour commémorer le douzième anniversaire de la mort du prêtre, surnommé (en créole haïtien) Pè Ti Jan.

Le père Jean Pierre Louis a été assassiné le lundi 3 aout 1998, à Port-au-Prince, sur la cour du service œcuménique pour le développement et l’éducation populaire (Sedep), un espace qui regroupe des chrétiens catholiques romains et protestants, l’une des nombreuses organisations qu’il a contribué à mettre sur pied.

Il a passé la majeure partie de son ministère à Savanette, une commune du Plateau Central. C’est là qu’en tant que curé de la paroisse, il a encadré ou fondé plusieurs organisations de jeunes et conduit une véritable lutte pour la reforme de l’État civil en Haïti.

Arrêté à plusieurs reprises et persécuté par les « macoutes », miliciens de Duvalier, Ti Jan a poursuivi sa lutte aux côtés d’organisations de paysans et de femmes. Par la suite, il a travaillé à Léogane (à une trentaine de kilomètres au sud de la capitale), puis à Bizoton (périphérie sud de Port-au-Prince), où il a dirigé la paroisse avant sa mort. C’est d’ailleurs dans son ancienne paroisse à Bizoton que ses funérailles ont été chantées en août 1998.

« Le passage de Ti Jean à Savanette, à Port-au-Prince (y compris Bizoton) a été très utile à beaucoup d’organisations », témoigne Mortimé.

« Aujourd’hui, si nous avons des organisations très revendicatives, plus d’une vingtaine de radios communautaires dans le pays, c’est grâce à son travail », estime-t-il.